Vivre sans tĂ©lĂ©, câest possible ? (Spoiler : oui)
15 Sep 2015 âą 4 min read
En rĂ©ponse Ă cet article sur Medium, voici mon retour dâexpĂ©rience sur la suppression de la tĂ©lĂ© de mon quotidien. Pour commencer, je pense avoir Ă©tĂ© plus modĂ©rĂ© dans le sens oĂč la tĂ©lĂ© trĂŽne toujours en piĂšce maĂźtresse de mon salon, et elle est mĂȘme souvent allumĂ©e. Pour regarder des films, des sĂ©ries sur Netflix ou autres, mais quasiment jamais sur la « tĂ©lĂ© » au sens « chaĂźnes de tĂ©lĂ© ».

Comme pour Joël, il y a encore quelques mois, la télé occupait une grande part de mon rythme de vie.
Ăa commençait le matin pendant mon petit dĂ©jeuner sur les chaĂźnes dâinfos. Pour peu que le petit dĂ©jeuner dure assez longtemps, il mâarrivait mĂȘme de zapper sur une autre chaĂźne dâinfos quand les reportages tournaient en boucleâŠ
Puis le soir en rentrant : soi-disant fatiguĂ© de ma journĂ©e, lâenvie de poser mon cerveau et de ne surtout pas faire quelque chose de constructif mâenvahissait⊠Dâabord des Ă©missions dĂ©biles genre « Un dĂźner presque parfait », puis câĂ©tait parti pour Canal+ : le JT, et bien sĂ»r la grand-messe du Grand Journal, les Guignols et autre Petit Journal.
JâenchaĂźnais avec le programme de la soirĂ©e : au mieux un film que jâavais probablement dĂ©jĂ vu, parfois mĂȘme que jâavais en DivX quelque part ; au pire une sĂ©rie policiĂšre comme on en voit tant.
Voici les quelques constats que je fais avec le recul :
- Tout dâabord la tĂ©lĂ© nâĂ©tait la plupart du temps allumĂ©e que pour assurer une prĂ©sence dans mon appartement. Ă part le matin oĂč jâĂ©tais un minimum concentrĂ©e sur les infos, je faisais gĂ©nĂ©ralement autre chose, je ne suivais pas toujours ce qui sây disait.
- Ensuite, lâomniprĂ©sence de la publicitĂ©. Câest tellement dingue que lorsquâon regarde Ă©normĂ©ment la tĂ©lĂ© comme je le faisais, on ne la remarque mĂȘme plusâ â âmais inconsciemment on sâen imprĂšgne et on devient mĂȘme « expert en pub » (« Ah tiens voici donc la nouvelle pub Renault dont jâai entendu parler. Câest vrai quâelle est sympa⊠»).
- Enfin, le plus important, lorsquâon regarde beaucoup la tĂ©lĂ© on est persuadĂ© que câest bon pour rester au courant. Parce que je regarde tous les JT, je suis parfaitement Ă la pointe de lâactualitĂ©. Parce que je regarde le Grand Journal, jâassiste aux dĂ©bats politiques et je suis au courant des tendances culturelles. Et parce que je regarde beaucoup de films, jâentretiens mon cĂŽtĂ© cinĂ©phile.

Ă prĂ©sent tout ceci me paraĂźt un brin ridicule. Je nâai pas arrĂȘtĂ© la tĂ©lĂ© comme ça parce que je lâavais dĂ©cidĂ© du jour au lendemain. Juste parce quâun jour je nâai pas eu envie dâallumer la tĂ©lĂ©. Puis le lendemain non plus, ni le jour dâaprĂšs. Et ça ne mâa pas manquĂ©. Pourquoi ?
Parce que plutĂŽt que dâallumer la tĂ©lĂ© tout le temps, jâĂ©coute plutĂŽt de la musique ou la radio.
Parce que ne plus entendre de publicitĂ© dans mon appartâ Ă longueur de journĂ©e fait un bien fou.
Et surtout, surtout, parce que je me suis aperçu quâon vit trĂšs bien sans tĂ©lĂ© pour une raison simple : la qualitĂ© des programmes est abominable (sauf exceptions heureusement).
Les journaux en continu ? De lâinfo prĂ©mĂąchĂ©e, aucun recul sur ce qui se passe, les mĂȘmes dĂ©pĂȘches dâune chaĂźne Ă lâautre. Le Grand Journal ? Elle est loin lâĂ©poque oĂč câĂ©tait lâĂ©mission incontournable oĂč les politiques et artistes se devaient de passer. ArrĂȘtez de changer le prĂ©sentateur : planchez juste sur une nouvelle Ă©mission qui sorte un peu de lâordinaire !
Et enfin, les films et sĂ©ries qui passent ? Ce nâest pas quâils sont mauvais, câest juste que :
- ce sont souvent les mĂȘmes qui repassent ;
- ils sont rarement en VO ;
- ou sâils sont en VO les sous-titres sont mauvais ;
- les génériques de fin sont coupés (merci le respect pour les équipes) ;
- il y a des pubs toutes les demi-heures.
Comme je lâai dit en prĂ©ambule, je regarde toujours la tĂ©lĂ©, mais maintenant je choisis ce que je veux regarder. Je regarde sĂ»rement mĂȘme plus de films quâavant. Si lâon prend Netflix par exemple, tous les films sont disponibles en VO avec des sous-titres de qualitĂ©. Et ça câest super apprĂ©ciable.
Le plus drĂŽle, câest quâil y a un ou deux ans si quelquâun mâavait dit quâil avait arrĂȘtĂ© de regarder la tĂ©lĂ©, je me serais moquĂ©. Je me serais dit quâil prend les gens de haut, comme si lui ne pouvait sâabaisser au niveau des gens normaux en regardant les Ă©missions encourageant Ă la consommation.
Faire un Ă©tat des lieux sur lâĂ©tat actuel de la tĂ©lĂ©vision, imaginer comment elle peut Ă©voluer dans les prochaines annĂ©es, savoir pourquoi on en est arrivĂ© Ă une telle mĂ©diocrité⊠Tant de questions qui mĂ©riteraient chacune un article (ou une thĂšse) dĂ©diĂ©. Je nâai pas le recul et les compĂ©tences pour le faire. Tout ce que je peux dire, câest quâĂ titre personnel je vis bien mieux sans tĂ©lĂ© !